Basel Nazifrei : Verdicts des procès précédents

Basel Nazifrei : Verdicts des procès précédents

Jurisprudence ou répression ciblée ? Les horribles verdicts des précédents procès de "Basel Nazifrei".

Les procès ont débuté le 7 juillet 2020. Depuis, 1 à 3 personnes doivent se défendre individuellement devant le tribunal correctionnel de Bâle chaque mois. Les audiences du tribunal durent généralement une demi-journée, la sentence étant prononcée l'après-midi ou le lendemain matin.  La participation à une manifestation non autorisée et les émeutes   sont au centre des accusations. Pour la plupart, les accusés risquent des peines de prison, ce qui signifie que leur avenir est en jeu. Mais il ne s'agit pas seulement des personnes dévouées qui sont punies et disciplinées par des peines sévères. Ces affaires judiciaires frappent les individus de manière exemplaire - mais elles concernent tous ceux qui s’opposent activement et de manière déterminée contre l'extrémisme de droite. Le message du pouvoir judiciaire est clair : le courage civique à Bâle ne peut avoir lieu que dans les canaux autorisés et officiellement « approuvés ».

"Violence passive et menaces" - une porte ouverte à l'arbitraire judiciaire

Pour toutes les personnes concernées, les accusations “d’émeute” et de “participation à une manifestation non autorisée" sont énumérées. Dans tous les procès précédents, ces accusations ont abouti à la condamnation des accusés  d’au moins d’un de ces points  - parce que la manifestation Basel-Nazifrei n'était pas autorisée - ce  qui ne dit absolument rien sur sa légitimité ! Un verdict de culpabilité, même si ce n'est que sur ce seul point essentiel, a pour conséquence que les frais du procès sont à la charge du défendeur. Extraordinaire est l'accusation de "violence passive et menace", qui n'inclut pas la violence active, mais suggère que la simple présence à cet événement soutient "l'humeur violente et agressive" sur place. Un terme très vague, qui ouvre la porte à une justice arbitraire ! Ensembles, "l’émeute" et la "violence passive et menace" constituent une constellation unique en matière d'application et de conviction et établissent de nouvelles normes de sévérité à l'encontre des militants politiques.

Par souci d'exhaustivité, nous énumérons également ici les autres chefs d'accusation, qui apparaissent sous différentes constellations dans les accusations pénales déposées par le ministère public et dans les jugements du tribunal :

Violence et menaces contre les autorités et les fonctionnaires, participation passive à des multiples actes de violence qualifiés et menaces contre des fonctionnaires, violation de l'interdiction de la dissimulation du visage, tentative unique/multiple de lésions corporelles qualifiées, tentative unique/multiple de lésions corporelles qualifiées avec un objet dangereux, violation de la loi sur les armes, coercition unique/multiple.

Mais nous devons souligner à ce stade que ces points doivent être lus en relation : Ce qui s'est réellement passé ce jour-là à Bâle n’est dans aucun sens reflété   d’une manière proportionnelle par rapport à l'ampleur des accusations et des condamnations pénales (voir aussi WOZ : "Reinballern und Einsammeln", en allemand). Le système judiciaire bâlois veut se montrer exemplaire et draconien dans ses sentences  sévères contre les antifascistes engagés.

La prise de pouvoir et les gestes menaçants du pouvoir judiciaire semblent être politiquement teintés de A à Z.

Nous nous y opposons et nous l'affirmons : Le 24.11.2020 doit être considéré comme un succès du mouvement antifasciste ! Le courage civique est une qualité précieuse et importante.

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